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Leucate Plage

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Au Sud du Cap Leucate, la situation de cette charmante station balnéaire est très privilégiée, abritée par l'imposante falaise qui la domine. Elle permet la pratique d'un sport en général réservé aux régions montagneuses : le parapente. Son histoire est relativement récente puisque c'est au siècle dernier seulement que l'endroit a été habité. L'immense plage qui borde la station a vite fait de fervents adeptes : la qualité de ses eaux, son espace permettant d'y éviter la surpopulation, la grande sécurité des baignades sont des atouts toujours appréciés. Des familles entières, au fil des générations, sont devenues des habitués du lieu. L'endroit a toujours fait honneur à la gastronomie, deux restaurants y virent le jour au début du siècle et sont toujours là aujourd'hui, confirmant l'importance croissante que le tourisme a pris, et qui allait petit à petit se substituer aux deux activités traditionnelles qui se pratiquaient à la Plage : la Pêche et la culture de la vigne.


La présence des pirates barbaresques sur le littoral imposa l'édification de batteries côtières fortifiées, à l'abri desquelles les bateaux menacés pouvaient venir se réfugier. La falaise constituait un site prédestiné à cette fonction et trois ouvrages principaux y furent ainsi édifiés.
- le fort de la Basse Franqui, dont il ne reste plus de traces,
- le fort de la Haute Franqui construit sous Louis XV, toujours en place et entièrement restauré,
- le fort de Mattes, construit en 1742, qui dominait Leucate Plage jusqu'au début de notre siècle.
Il a été ensuite démoli et ses pierres transportées jusqu'au grau par un petit train de chantier à vapeur pour y aménager des quais et construire les piliers d'une passerelle en bois reliant les deux rives. Au milieu du XVIIIème siècle, près de cent hommes constituaient la garnison de ces fortifications.


Depuis que Pépin le Bref au VIIIè siècle eut repoussé les envahisseurs sarrasins au-delà des Pyrénées, les incursions des pirates mauresques furent constantes le long des côtes méditérannéennes. Ce n'est en réalité que vers 1830 que ces pratiques cessèrent vraiment dans nos régions. Cette présence des pirates explique pourquoi Leucate Plage n'a été habité qu'au XIXème siècle, auparavant l'endroit était désigné sous le nom de plage des Mattes. Ces pirates n'étaient pas du genre des Frères de la Côte. lls s'attaquaient surtout aux petits bateaux de pêche ou de commerce et encore plus souvent aux habitants des régions côtières qu'ils capturaient comme esclaves. Leur présence était tellement fréquente que des ordres religieux virent le jour avec pour seul objet de recueillir suffisamment d'aumônes afin de payer les rançons exigées pour relâcher les captifs.


La pêche s'est toujours pratiquée à Leucate et plutôt dans l'étang que dans la mer. Avant les travaux d'aménagement de Port-Leucate, les anguilles y abondaient tellement qu'elles sont à l'origine du plat traditionnel Leucatois, la pignato ou bouillabaisse d'anguilles. Les bétounos, barques à fond plat, non pontées, étaient traditionnellement utilisées pour la pêche dans l'étang. A partir du siècle dernier, quelques embarcations plus adaptées à la pêche en mer étaient basées à Leucate Plage. Il s'agissait de barques catalanes à voile latine, que l'on tirait au sec sur la plage au retour de la pêche, ce qui justifiait alors la dénomination usuelle de l'endroit : le Barcarès de Leucate, c'est à dire le refuge des barques. Une technique de pêche traditionnelle particulière à la méditerranée se pratiquait couramment sur les plages leucatoises, la traîne. Elle associait un bateau et un groupe de personnes restant à terre. De nuit, une barque allait poser un filet au large, dont les deux extrémités étaient ensuite tirées de la plage par tous les participants qui se partageaient alors le poisson. L'opération se répétait trois fois jusqu'à l'aube.


Avant que le site de Port-Leucate ne soit aménagé au milieu des années 60, des vignes y étaient exploitées par les Leucatois. ll fallait franchir le grau pour s'y rendre et un problème s'est posé pour ramener les vendanges après que l'armée allemande eut détruit la seule passerelle du lieu en 1943. Une seule solution pour transporter les lourdes comportes de bois pleines de raisins : le bateau. Et comme les petites barques que les pêcheurs utilisaient sur l'étang, les bétounos, n'étaient pas motorisées, c'est à la voile que l'on naviguait ! Le départ se faisait à vide du Mourral de Ville, en général par temps de marin pour que la bétouno lourdement chargée au retour, profite du vent portant. Un petit mât, incliné vers l'avant, permettait de gréer une voile latine. Le rituel s'est poursuivi jusqu'à l'époque des premiers travaux d'aménagement de Port-Leucate et cette spécialité bien particulière à fait de Leucate le seul endroit de France où l'on vendangeait en bateau à voile.